Illusion ou Jugement

Aux échecs le jugement d’une position dépend de la capacité du joueur à reconnaître les particularités d’une position comme l’explique Colombek. Selon Silman ce jugement s’appuie sur la notion de déséquilibre qui peut être lié à un avantage matériel, ou à l’activité d’une pièce légère, ou un avantage d’espace, ou un contrôle d’une ligne ou d’une case clef …

Mais selon certains joueurs ils vous diront que quelques fois, et dans des situations particulières, ces facteurs peuvent devenir des signes trompeurs qui vous guideront directement vers la défaite si vous ne prenez pas en considération d’autres facteurs cachant des pièges. D’autres se demandent comment un joueur n’arrive pas à trouver le plan ou le coup correct malgré la simplicité et les caractéristiques de la position.

La capacité de jugement peut varier d’un joueur à un autre selon leurs niveaux, ou les conditions qui les entourent, ou même le niveau de concentration qu’ils peuvent avoir à un moment donné.

Dans ce cadre les entraîneurs et formateurs des échecs recourent à un ensemble d’outils et de moyens qui peuvent aider à renforcer la capacité de concentration et de jugement chez le joueur afin d’améliorer son niveau de jeu et ses résultats. Sans prétendre pouvoir vous présenter ces outils ou vous dévoiler quelques secrets de leur travail que j’ignore moi-même, permettez-moi de vous présenter une méthode que certains spécialistes de formation utilisent dans le domaine de la formation continue afin d’aider le bénéficiaire de ce genre de formation à développer ses capacités à mobiliser son attention, apprendre à maîtriser sa mémoire dans différentes situations et éviter les faux jugements qui peuvent entraîner des comportements critiques vis-à-vis des personnes. Il s’agit de la technique d’ILLUSION que j’ai personnellement utilisé dans des séminaires de formation que j’ai pu encadrer avec des collègues de l’Entraide Nationale.

Je ne sais pas si des formateurs des échecs l’ont déjà utilisé dans leurs cours de formation, mais je pense qu’elle pourra aider nos jeunes apprentis et nos joueurs à mieux comprendre les conséquences d’une illusion ou d’un mauvais jugement d’une position ou d’une situation donnée.

J’espère que nos chers lecteurs pourront enrichir la discussion dans ce domaine et nous informer s’ils ont des informations sur l’utilisation de cette technique dans des écoles des échecs.

 Illusion ou Jugement

 1- Jeune ou vieille femme :

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Prenez un instant pour bien regarder cette image !

Pouvez-vous la décrire ?

Prenez votre temps !

Pouvez-vous décrire son visage ?

Qu’est-ce qu’elle porte ?

Quel âge a-t-elle ?

Certains diront entre 10 et 16 ans ; d’autres diront plus que 70 ans.

Qui a raison et qui a tord ?

Regardez encore une fois l’image. Vous serez étonnés de découvrir que les deux opinions pourront être justes. C’est une question d’illusion ou d’interprétation de l’image. C’est une vision personnelle ou propre à chacun.

Sans entrer dans le détail passant à d’autres exemples :

2- Combien il y a de personnes dans ces images ?

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3- S’agit-il d’un canard ou un lapin ?

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4- Combien y a-t-il de points noirs dans ce tableau ?

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L’illusion est une fausse apparence matérielle ou morale qui, en nous faisant voir les choses autrement qu’elles ne sont, semble se jouer de nos sens ou de notre esprit. C’est une perception déformée d’un sens. Chacun des sens humains peut être trompé par une illusion, mais les illusions visuelles sont les plus connues. Certaines illusions sont subjectives ; des personnes différentes peuvent les percevoir différemment, ou pas du tout.

Le fait qu’une image, et donc un élément complètement fixé et inchangeant puisse être « vue » de différentes manières, voire complètement mal interprétée, ouvre des perspectives de réflexion énormes.

En effet, si on se penche deux minutes sur le sujet, on commence à comprendre qu’on ne voit pas la réalité qui nous entoure, mais simplement une réalité, qui passe avant par le filtre de nos yeux et surtout de notre cerveau.

Si on pousse un peu plus loin la réflexion, on arrive à la conclusion qu’il n’y a pas de « réalité » en soi, universelle et inamovible, mais que chacun d’entre nous voit le monde à sa façon, et voit donc sa propre réalité, en fonction de sa culture, de son expérience personnelle, de ses caractéristiques physiologiques… Quand on dit que chacun a sa vision du monde, ça n’est pas une manière de parler, c’est un fait scientifique.

 

A propos de Said Arif

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