La défense Est-Indienne

Dans beaucoup de débuts hypermodernes, nous voyons les Noirs permettre aux Blancs de pousser leurs pions au centre et d’y former ce qui semble une phalange puissante, nous les voyons même souvent les y encourager.
Puis ils attaquent habilement, et la formation des Blancs s’écroule comme un château de cartes. C’est ce qui fait naître l’idée que plusieurs pions au centre sont nécessairement faibles, et qu’il est meilleur de contrôler le centre à partir des ailes. Donc, dit-on parfois, l’idée des Noirs dans ces ouvertures est de pousser délibérément les Blancs à former un centre de pion important.
Rien ne saurait être plus éloigné de la vérité. Toutes choses égales d’ailleurs, un pion au centre représente un net avantage, et ne devient une faiblesse que quand il ne peut pas s’y maintenir.
Le point crucial est donc : toutes choses sont-elles égales d’ailleurs ? Les Noirs peuvent poser ainsi la question : Si je leur permets d’installer une phalange importante, pourrai-je faire éclater cette formation, ou devrai-je la subir passivement ?
En d’autres termes, dans toutes ces ouvertures, nous trouvons deux questions-types pour les Noirs et deux pour les Blancs :
1. Les Blancs peuvent-ils installer un fort centre de pions (normalement à c4, d4, et e4) ?
2. S’ils le peuvent, pourront-ils les y maintenir ?
Nous pouvons aller encore plus loin en rappelant que la puissance d’un centre de pions réside dans le fait qu’il paralyse le jeu ennemi. Ainsi l’unique question fondamentale devient celle-ci :
LES NOIRS PEUVENT-ILS, UNE FOIS QU’ILS ONT RENONCE A INSTALLER DES LE DEBUT UN PION AU CENTRE, S’ARRANGER POUR SE LIBERER QUAND MÊME ?
Les réponses à ces questions et aux problèmes subsidiaires qu’elles entraînent déterminent le statut théorique de tous les débuts, ou à peu près, que nous verrons dans ce cours.
Ce mode de raisonnement nous aide à voir pourquoi dans la pratique un coup et un seul se détache des autres comme ayant la plus grande valeur théorique : 1. …, ceci parce qu’il ne développe pas seulement une pièce, mais empêche en même temps l’avance du pion e ennemi. Il y a deux autres réponses qui sont correctes et indépendantes : 1. …c5 (le contre gambit Benoni) et 1. …f5 (la défense Hollandaise). Par ailleurs il y a quatre coups qui présentent quelques caractères indépendants mais ramèneront normalement à une variante plus courante : 1. …e6, 1. …c6, 1. …d6 et 1. …c6. Toute autre réponse est irrégulière, parce que les Noirs ont le devoir de faire un effort quelconque pour empêcher l’avance immédiate e4.

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